Photo tirée de la collection « Sur-Fake » de l’artiste Antoine Geiger

Avec la crise sanitaire nous avons chaque jour entendu qu’il fallait mettre en place une distanciation sociale. Quelle erreur de langage ! Car c’est une distanciation physique qu’il fallait respecter.

Ce peut être anecdotique, et pourtant c’est essentiel. Nos interactions sociales sont essentielles, aussi bien en cas d’éloignement que de proximité physique, comme en témoigne cet article du média Vice publié le 22 juillet 2021.

Justine Reix a recueilli le témoignage de quatre personnes en couples dont leur compagnon ou compagne gâchait des moments à deux en ayant les yeux rivés sur les réseaux sociaux. Les effets de l’utilisation de ces réseaux sociaux sur les couples sont désastreux.

Bruno et sa copine instagrameuse, Andréa et son copain tiktokeur, Malika, William, quand bien même ces quatre exemples sont un peu extrêmes chacun a déjà été confronté à un proche, un ami ou un enfant presque totalement absorbé par son smartphone.

Je voudrais faire ma vie avec lui mais je ne me vois pas apprendre à mes enfants à ne pas faire ce qu’il fait tout le temps.

C’est normal

Les applications phares que d’innombrables citoyens utilisent au quotidien sont conçues POUR accaparer le maximum de temps de cerveau disponible. Le projet « Sur-Fake » de Antoine Geiger, qui date de 2015, visait à attirer l’attention sur ces dérives inquiétantes de nos sociétés. Selon l’artiste ces applications ont pour objectif de  » placer l’écran comme objet de « sous-culture de masse », aliéner le rapport à notre propre corps, et plus généralement au monde physique. »

Et ça fonctionne ! Pour lever tout doute sur l’étendue de la contagion il suffit regarder autour de soi, à la maison notamment, le soir, voire en journée. Adultes, ados et enfants sont concernés. Une fois l’application ouverte et l’objet de la recherche trouvé, chacun est subrepticement invité à découvrir un enchainement infini de contenus le plus souvent inutiles, « satisfaisants », ne représentant strictement aucun intérêt, voire cadres ou choquants pour fasciner encore et encore et maintenir aussi longtemps que possible l’attention.

Un mécanisme basé sur la Dopamine

En 2019 Arte avait co-produit la docu-série « Dopamine« , qui déculpabilise en mettant en évidence le fait que ces applications fonctionnent très justement sur les mécanismes de la dépendance. Mais ce n’est pas parce qu’il faut déculpabiliser qu’il faut continuer à céder à la tentation.

Les concepteurs de ces applications ont de nombreux objectifs, pas tous commerciaux, qu’il serait trop long de décrire ici, mais une chose est certaine, une prise de conscience collective est incontournable.

Comment agir ?

Agir est peut-être plus facile qu’il n’y parait, nous aurons l’occasion d’y revenir dans un prochain article. Mais d’ores et déjà sachez que des applications disponibles sur smartphone et ordinateur permettent de limiter les temps d’usage des applications que vous avez choisies.

« Forest, Stay Focus » est l’une de celle-ci.