Nous parlons ici de souveraineté numérique, mais l’idée est là. Pour ceux qui en doutaient encore, nous l’avons vu lors de la crise sanitaire, les logiques économiques ont fait de la planète un gigantesque marché où chaque région du monde s’est peu à peu spécialisée. Si avant chaque pays disposait d’une certaine autonomie et indépendance lorsque le plus fort de la crise est arrivée nous nous sommes tous rendus compte que nous dépendions de nos importations pour des produits de première nécessité comme les masques.

Pour le numérique, alors que de nombreux acteurs français ou européens existent et sont fortement engagés sur des enjeux de confidentialité des données, entre autres choses, nous utilisons trop souvent des services d’entreprises étrangères.

En mettant en avant la condition de prix ainsi que l’obligation de disposer de Datas Center sur au moins trois continents, l’appel d’offres pour le Public Clouds Confédération a de facto écarté des acteurs fortement engagés sur les enjeux de souveraineté numérique.

IBM, Amazon Web Service, Oracle, Microsoft et Alibaba

Cinq fournisseurs de clouds publics étrangers ont donc remporté l’appel d’offres du de la Confédération pour la fourniture de services cloud publics à hauteur de 110 millions de francs suisses[1]102 millions d’euros de septembre 2021 à la fin du mois d’août 2026. Les entreprises retenues sont IBM Suisse, Amazon Web Service, Oracle Suisse, Microsoft Suisse et Alibaba Europe.

L’administration dénigre un secteur stratégique qui est aussi l’un des plus prometteurs de notre économie

Infomaniak, hébergeur suisse historique, s’est fendu d’un article solidement étayé et met les pieds dans le plat. L’opérateur est vent-debout contre cette décision qu’il qualifie d’incompréhensible.

De façon incompréhensible et malgré plusieurs interpellations, la Confédération octroie un marché on ne peut plus stratégique à des entreprises américaines et chinoises.

En prenant cette décision notre voisin suisse affaiblit en effet l’économie numérique de son territoire, elle rate même une belle occasion de l’aider à grandir.

Toutefois la Suisse apporte quelques précisions.

Ne pas confondre la question du nuage informatique suisse « Swiss Cloud » et le marché public « Public Clouds Confédération

Selon la confédération « il ne faut pas confondre la question du nuage informatique suisse « Swiss Cloud » et le marché public « Public Clouds Confédération » (OMC-20007). Tandis que « Public Clouds Confédération » est une acquisition au profit de l’administration fédérale centralisée et décentralisée, « Swiss Cloud » s’adresse aux milieux économiques et scientifiques et aux administrations et organisations d’intervention aux trois niveaux de l’État. »

Une distinction qui ne justifie pas pour autant le choix qui vient d’être fait pour le Public Clouds Confédération.

Gageons que ce type d’erreur serve de leçon

Si les citoyens, les professionnels et les entreprises ont leur rôle à jouer dans la préservation de notre indépendance et de notre souveraineté numérique les États européens en sont les premiers garants.

A l’heure où nous écrivons ces lignes la procédure d’attribution du marche est suspendue, un recours a été déposé dans les délais impartis.

References

References
1 102 millions d’euros